Des crèches en langue bretonne, un exemple pour l’Alsace Divskouarn

ICA EJ Gregor Mazo 3 12-2017Du breton dès le biberon

Par Gregor Mazo, directeur – Les journées du Bilinguisme, 9 décembre 2017 à Gerstheim

À la journée du DIVSKOUARN, c’est l’association pour la promotion et le développement de la langue bretonne avant la scolarisation. Information, formation, force de proposition, animation de réseau, lieu de ressource, accompagnement, promotion : voici les actions de l’association qui travaille partout où se trouvent les enfants de 0 à 3 ans : auprès de familles, dans les lieux d’accueil petite enfance, dans le secteur des assistant(e)s maternel(le)s.

L’association Divskouarn est née le 5 Novembre 2005.

Avant la création officielle de Divskouarn, il existait déjà des expériences liant la langue bretonne et la petite enfance. La première initiative en ce sens (que nous connaissions) eût lieu à la crèche de Landerneau, où fut embauchée une personne notamment pour sa connaissance du breton, en 1998.

Au début des années 2000, plusieurs crèches se sont mises à proposer du breton au sein de leur établissement, comme à Gouesnou, Lannilis, Plouguerneau ou encore Lesneven.

Un collectif s’est formé autour de ces crèches, « Brezhoneg er vagouri« . Le but de ce groupe était de proposer des rencontres inter-crèches afin de mutualiser les expériences, d’aborder les questions spécifiques liées à l’utilisation du breton dans les établissements.

À la suite de l’attribution du Prix régional de l’Avenir du breton à l’association « Enfantillages » (crèche de Gouesnou), de nombreux parents se sont manifestés, mais il n’y avait pas de place pour tout le monde. Un premier réseau de personnes intéressées s’est donc créé, réseau qui s’est rapidement rapproché de « Brezhoneg er vagouri ».

L’idée de créer un outil, un organe référence capable de soutenir les initiatives en faveur du breton et de la petite enfance, et de les fédérer, a été l’étape suivante, qui a abouti à la création de l’association Divskouarn.

Aujourd’hui le travail de Divskouarn fait qu’environ 1700 enfants bénéficient de breton dans l’accueil des jeunes enfants dans 55 structures et 12 regroupements d’assistantes maternelles. Les projets vont de la sensibilisation par intervention extérieure jusqu’à l’immersion dans certaines crèches.




Course pour la langue régionale d’Alsace

Chers amis,

J’ai le plaisir de vous inviter à rejoindre l’équipe fondatrice de la première « Course pour la langue régionale d’Alsace », qui rassemblera des milliers de coureurs tout au long de son parcours à travers l’Alsace, au printemps 2019.

Cette course, semblable à la Redadeg Bretonne, a pour but de symboliser la transmission d’une langue régionale vivante, créative et dynamique, à travers les générations et les territoires. C’est un événement festif et populaire qui témoignera de la vitalité de notre langue, de notre culture et de nos traditions.

Toutes les bonnes volontés sont bienvenues ; chacun y trouvera un rôle dans l’organisation et le déroulement de cette grande première en Alsace.

Cela vous tente de faire partie de l’équipe fondatrice ou d’en savoir plus ?

Alors, laissez toutes vos coordonnées à l’adresse : contact@coursepourlalangue.alsace

Très chaleureusement, Pierre Klein




Course pour la langue bretonne “Ar Redadeg”, un exemple pour l’Alsace

Bec’h dezhi ! En avant !

Par Katelin al Lann – Les journées du Bilinguisme, 9 décembre 2017 à Gerstheim – Tous nos remerciements aux organisateurs et à Pierre Klein en particulier pour l’intérêt qu’il porte à notre projet et son invitation à le partager avec vous tous aujourd’hui.

Notre projet est né il y a maintenant 10 ans, il avait germé bien longtemps avant, inspiré par la Korrika, la course pour la langue basque, elle-même créée en 1980. Il est resté en latence quelques années avant de pouvoir naître réellement en 2008, à l’occasion des 30 ans des écoles Diwan (écoles associatives qui dispensent un enseignement par immersion en langue bretonne).

Nous avons voulu créer en Bretagne un événement fédérateur, jeune, festif et solidaire autour et pour la langue bretonne. Notre langue est en grande difficulté, avec une décroissance régulière des locuteurs natifs, un manque de transmission familiale, un déficit de visibilité et d’usage social. Au-delà de la revendication politique légitime de son maintien, de son existence et de son enseignement, nous pensions nécessaire d’avoir un événement populaire qui rassemble et relie les gens entre eux, restaure une image parfois dégradée de la langue, la modernise et redynamise voire galvanise les locuteurs et tous ceux qui aujourd’hui agissent pour la transmission du breton.

La Redadeg est une course-relais organisée tous les deux ans. En 2018 elle parcourra la Bretagne sur 1800 km, soit 9 jours et 8 nuits sans arrêt. Les porteurs de témoin financent leur kilomètre et le bénéfice est redistribué pour moitié à Diwan et pour moitié à des nouveaux projets pour la langue bretonne. Par ailleurs la course est ouverte à tous et libre d’accès, chacun peut accompagner les porteurs de témoin autant qu’il souhaite… ou le peut !

L’esprit de la Redadeg est celui d’un militantisme actif, dynamique et joyeux ; l’enjeu est de susciter une mobilisation qui amène à se sentir acteur sur cette question du maintien de la langue et libre d’avancer dans cette direction… Car quand une langue est menacée la première condition de sa survie est que les habitants du territoire où elle est historiquement implantée désirent se la réapproprier et l’utilisent.

La course-relais est chargée de symbolique : le témoin passé de km en km porte un message en breton lu à l’arrivée, il représente la transmission de la langue bretonne entre tous, et plus particulièrement entre les générations et sur l’ensemble du territoire breton (y compris Nantes et la Loire-Atlantique).

La course ne s’arrête pas, de jour comme de nuit, car il y a urgence à transmettre la langue. Le financement est participatif, une manière de se prendre en charge sans attendre une aide extérieure.

L’événement touche et réunit de manière transversale les familles, les associations, les entreprises, les politiques, les institutions… L’ensemble de la société civile… Enfin le(s) kilomètre(s) parcouru(s) par chacun symbolise(nt) l’effort à fournir pour atteindre le but.

La langue bretonne est présente sur la course et de diverses manières : les animateurs soutiennent et accompagnent les coureurs avec slogans et chansons, on parle breton lors des accueils, des festivités, des spectacles qui jalonnent le parcours, on le lit et on l’entend sur les divers supports de communication, des interviews télé ou radio, des clips, des journaux en breton… Cela contribue ainsi à donner de la visibilité à la langue, à la sortie de l’école ou de la famille.

L’événement suscite aussi, notamment chez les jeunes, des initiatives et des créations très libres, des lipdups, flash-mobs, selfies, clips qui nous sont envoyés spontanément et que nous rediffusons sur les réseaux sociaux.

La mobilisation de chacun aide au financement des écoles et de nouveaux projets. Les porteurs de témoin financent leur kilomètre 100, 200 ou 600 €, seuls ou en groupe. La course a connu une croissance continue, passant de 600 km sur 4 jours en 2008 à 1800 km sur 8 jours en 2018. Depuis le début en 2008 (5 Redadeg) nous avons pu reverser 513 000 € et créer deux emplois salariés à temps plein. En 2018 il est prévu de redistribuer 134 000 €.

La Redadeg est aujourd’hui devenue incontournable, elle est très attendue et rassemble chaque année des milliers de personnes sur tout le territoire de la Bretagne (B5). Elle a trouvé également des répliques, en Irlande (Rith) et au Pays de Galles (Ras) où, comme nous, les cousins celtes se sont inspirés de l’initiative basque et de la nôtre pour créer leur propre modèle.

Entièrement née du bénévolat, l’association cherche maintenant à pérenniser son action et à consolider son organisation en constituant peu à peu une équipe professionnelle, notamment autour de la communication, du développement et de la recherche de mécénat. Mais le cœur de l’événement, sa force et sa vitalité s’appuient toujours sur l’énergie, la spontanéité, l’envie de participer des centaines de bénévoles qui collaborent à son organisation.

En 2018 nous fêterons nos dix ans … Et nous nous prenons à rêver d’un événement «international» qui mettrait en valeur et réunirait les courses pour les langues dites minoritaires … tous, au même moment, en différents lieux,… les moyens de communication et de retransmission modernes le permettraient … la Korrika, la Redadeg, la Rhit, la Ras, mais aussi la Correllengua Catalane, la Correlingua Galicienne…

Et la course Alsacienne bientôt ? Chez nous on dit Bec’h dezhi !
En avant !




Les chiffres de l’Alsace

Document N°1 26 janvier 2018 – APR Association de Prospective Rhénane

Par l’Association de prospective rhénane – Ce premier numéro de notre nouvelle série consacrée à la diffusion de données statistiques sur l’Alsace est aussi une occasion de saluer la coopération que l’APR a engagée avec Maurice Baslé, Professeur à l’Université de Rennes (1), pour exploiter les possibilités d’un bel instrument de traitement et de diffusion statistique qu’il a développé: la plateforme Finloc. Cette dernière est issue d’un projet de la Chaire Connaissance et action territoriale financée par la Fondation Université Bretagne Sud, dont le titulaire est Maurice Baslé.

Cette base de données est un excellent exemple d’utilisation de l’open data des administrations publiques nationales pour mettre l’information statistique publique en forme lisible et la diffuser auprès des acteurs des territoires, des chercheurs et du grand public intéressé. En l’occurrence il s’agit des données budgétaires des collectivités recueillies par la DGFIP du Ministère de l’économie et des finances. Finloc est une base qui peut être interrogée à distance, en accord avec ses opérateurs. Elle fournit à la demande de l’utilisateur des données et ratios concernant les comptes des collectivités, le tout sous une forme cartographique particulièrement parlante et commode d’utilisation.

À titre d’exemple, nous donnons dans les quatre cartes suivantes des indicateurs budgétaires particulièrement intéressants dans le domaine des investissements publics et de leur financement. Il s’agit de données pour l’instant provisoires, qui demandent à être confirmées et mises en contexte par les collectivités elles-mêmes. Ce travail collaboratif a déjà été réalisé en Bretagne. Quelques autres régions ont aussi accepté le travail de validation, dont l’Île de France. Nous espérons que l’Alsace (et pourquoi pas le Grand Est) sauront aussi s’intéresser à cette co-construction d’un outil d’analyse territorialisé original et performant. Tous les niveaux géographiques peuvent être concernés : de la commune à la région.

Pour l’instant les chiffres de l’Alsace exploités dans les cartes qui suivent sont donnés au niveau des EPCI à fiscalité propre. Elles font apparaître visuellement quelques intéressants patterns. Notre objectif dans ce premier numéro n’est pas de proposer des commentaires et analyses approfondies. Cependant, en guise d’appel à débattre, nous pouvons faire les remarques très générales suivantes :

– la première carte montre la concentration des dépenses d’équipement autour de Strasbourg et du sud du Haut-Rhin

– la seconde confirme le trait en considérant l’effort d’investissement par habitant, avec cependant des configurations différentes dans le Haut-Rhin et le massif vosgien.

– la troisième est très éclairante en termes de politique d’aménagement, dans la mesure où elle indique le taux de subvention (la part des investissements qui sont financés par subvention). On peut observer que les territoires périphériques ne sont pas oubliés. Une observation de ce type avait déjà été soulignée par Maurice Baslé dans le cas de la Bretagne lors de sa conférence du 6 novembre 2017 à l’APR.

– la quatrième carte indique le total des actifs immobilisés par habitant. Cette variable stock montre d’importantes différences territoriales, en particulier la concentration des actifs sur les deux-tiers sud du Bas-Rhin.

fig.1

1. Dépenses d’équipement par habitant
2013-2016

fig.2

2. Subventions d’investissement par habitant
2013-2016

fig.3

3. Taux de subvention
(subventions d’investissement perçues/dépenses d’équipement)
2013-2016

fig.4

4. Actifs immobilisés par habitant
2013-2016

Source : Chiffres DGSI, traitement Finloc. Chaire Connaissance et action territoriale, Maurice Baslé. http://www.univ-ubs.fr/fr/universite-bretagne-sud/l-ubs-en-bref/fondation-chaires/la-chaire-act-ter-connaissance-et-action-territoriale.html

Remarque :

Les EPCI regroupés par Finloc incluent la communauté d’agglomération de Sarreguemines car une des communes de son périmètre est alsacienne (Siltzheim).




« Course pour la Langue régionale d’Alsace »

Présentation du Projet

« Course pour la Langue régionale d’Alsace (1) »

Intervention à l’occasion de la journée du bilinguisme du 9 décembre 2017 à Gerstheim.

Patrick Puppinck

Introduction

D’abord, je voudrais remercier Pierre Klein de m’avoir fait l’honneur de partager avec lui la réflexion dont je vais un peu plus loin vous rendre compte et de m’avoir invité à en débattre avec vous.

Le projet que j’ai à cœur de développer ici avec vous a mûri depuis deux ans. C’est la convergence de circonstances qui affectent l’Alsace et son identité, de même que l’expérience tirée de rencontres et de coopérations avec des acteurs de la promotion de langues régionales en Europe, qui font qu’aujourd’hui je viens partager avec vous un projet qui me semble être mûr pour en parler ; celui d’une première Redadeg Alsacienne.

Je remercie Katelin Al Lann de m’avoir consacré du temps à réfléchir sur le projet.

Comment m’est venue cette idée de projet ? Alors que je travaillais avec Gérard Leser sur le projet Serlet, il nous a semblé qu’il était nécessaire de compléter tous les dispositifs mis en place en Alsace pour la promotion et l’apprentissage de la langue régionale d’Alsace (et dont vous êtes les principaux représentants et acteurs) ; par un événement populaire de masse qui puisse correspondre dans son contenu à l’expression des valeurs incarnées par la jeunesse.

En effet, nous sommes ici des quinquas, des sexas, des septuagénaires et plus ; nous sommes pour la plupart de la dernière génération qui a reçu sa première langue fraternelle en cadeau de naissance.

Comment faire pour que cette langue si belle et que nous aimons parle aux jeunes, sinon qu’en provoquant des circonstances et des situations où ils la reconnaîtraient comme leur marque d’identité commune et où ils la libéreraient entre eux pour la parler.

Une Redadeg Alsacienne contribuerait à répondre à ce challenge, au côté de vos actions propres. Je dirais, sans aucune prétention, qu’elle serait même une clé de voûte des autres initiatives par son côté transversal, populaire, festif, de masse et par l’élan de partage qu’elle suscite.

La perspective, d’ici quelques années, de voir en Alsace se dérouler une Redadeg comme Katelin vient de la décrire, apporterait du sens à ce que nous faisons, à ce que vous faites. Cette perspective touche notre affectif dans ce que l’émotionnel nous porte à agir et à défendre. Elle crée et se nourrit de collectif. C’est-à-dire qu’elle est porteuse d’engagement.

Qui suis-je pour vous parler d’engagement sur un projet qui concerne la langue régionale d’Alsace, alors que je ne suis pas Alsacien, que je n’appartiens pas à votre cercle et que je ne parle pas cette langue ? — Je peux vous en parler car il n’est pas mieux qu’un jeune converti pour vous parler de sa foi. Je suis devenu Alsacien !

Mon parcours professionnel aura été celui de la quête constante de rencontres et de coopération avec d’autres cultures dans le monde (66 pays visités). Émigré en Amérique, directeur de filiale à l’étranger (Canada & Afrique), Directeur Export ; dans le même temps j’ai composé et enseigné pendant 20 ans le module « Stratégie de développement à l’international » du master I.A.I. (ESTA Belfort). Avec ma femme j’ai créé il y a 25 ans SupEuropa ; un organisme dédié à la mobilité des étudiants en Europe et au transfert d’ingénierie de formation entre universités de l’ouest et celles d’ex-pays de l’Est (L.M.D., Praxis, Medas, Gopa). SupEuropa a organisé et animé durant 4 ans les journées Euroscola du Parlement Européen de Strasbourg, nous avons co-écrit six projets européens pour l’apprentissage des langues et enfin je suis à l’origine du projet Serlet pour le développement de l’attractivité culturelle et patrimoniale de 7 régions en Europe, par l’initiation à leur langue régionale ; dont App’n talk Alsatian.

C’est à chaque fois une remise en cause, une idée qui mûrit et une coïncidence de circonstances qui permettent de partager cette idée avec d’autres ; comme aujourd’hui avec vous, de fédérer une équipe, de transformer cette idée en projet et de le mettre en œuvre d’une manière collaborative.

Un projet ne peut s’épanouir que s’il existe un dispositif d’accueil pour le faire grandir. Quel sera ce dispositif pour notre projet ?

 

Ce dispositif d’accueil, ce seront des hommes et des femmes, ainsi que des jeunes qui prêteront un engagement bénévole au Projet sur leur temps de loisirs et qui s’investiront de manière collaborative en tant que : Membres fondateurs, Membres du conseil d’administration, Membres du bureau, Membres de l’Association, Bénévole volontaire, Mécènes de l’Association, Partenaires de l’Association.

Chaque bonne volonté y trouvera sa place.

N’oublions pas ; une chaîne n’a de résistance que celle de son maillon le plus faible. De la même manière nous pouvons dire que l’engagement collectif n’existe que par la puissance des engagements individuels. L’engagement collectif suscité renforce et valorise alors chaque engagement individuel dans un cercle vertueux. Il s’agit pour la réussite du Projet de créer cette chaîne de solidarité la plus solide possible.

Un projet ne peut se construire que s’il résulte de l’application d’une stratégie mettant en œuvre de manière cohérente entre-elles, ce qu’on appelle en économie des « Politiques » ;

 

Chaque politique réunira autour d’elle et par affinité un groupe de compétences fonctionnant de manière collaborative. Ces politiques sont au nombre de sept ;

  • 1) Politique institutionnelle ; en interne, relative aux statuts et aux règles régissant les rapports entre les membres, les adhérents, les partenaires et les mécènes. En externe, prenant en charge les liens avec les autorités institutionnelles proprement dites (préfecture, mairie, pompiers, assurances, etc..).
  • 2) Une politique de communication qui positionnera le projet comme le symbole du partage d’une identité par la transmission intergénérationnelle de la langue régionale. Le symbole fort de communication, ce sera le passage du flambeau dans une course ininterrompue, jour et nuit. Ce symbole laisse à la mémoire collective la singularité de la marque profonde de l’identité, de son partage et de sa transmission sur le territoire.
  • 3) Politique de promotion qui visera le développement et la fidélisation de cibles telles que les fédérations sportives, les écoles, les théâtres alsaciens, les correspondants locaux de la presse régionale et nationale, les radios, mairies, clubs services, clubs vosgiens, etc.., la planification et le séquençage des contenus d’information à diffuser auprès des médias : information proprement dite, mais aussi pour le recrutement, le mécénat. Cette politique inclut aussi la création et l’animation d’un site internet interactif et de réseaux sociaux. Ceci, sans oublier la promotion transfrontalière rhénane et outre-vosgienne.
  • 4) Politique des territoires qui s’exercera en termes de présence et de couverture du territoire ; comment recruter et fédérer des délégués locaux, quel sera le contenu du cahier des charges qui leur sera attaché (campagnes d’adhésion, d’inscription, parcours, étapes, volontaires, ravitaillement, mécénat auprès des PME et TPE locales, etc.).
  • 5) Politique Culture, langue, patrimoine et attractivité tout au long du parcours ; de sorte que le passage de la course s’inscrive tant que faire se peut dans le cadre d’une animation culturelle alsacienne spécifique à chaque commune traversée ou étape.
  • 6) Politique Financière, relative au budget, au mécénat, aux cotisations, à la vente de produits dérivés, aux dépenses, aux règles pour le remboursement de frais, etc.
  • 7) Politique Qualité, visant la planification des actions et le contrôle continu de la Qualité.

Une stratégie, ça s’élabore et ça se met en place sur une perspective à moyen et à long terme, pas sur le court terme, pas dans la précipitation. Dans notre Projet, la perspective n’est pas avant 2019. A priori avec échéance au pont de l’Ascension ou au week-end de la Pentecôte 2019. C’est à dire en mai juin 2019, dans 18 mois.

Préalables au lancement du Projet

 

Ce n’est qu’une fois que chacun de ces sept groupes de compétences aura été constitué et que ces groupes auront réalisé une évaluation pertinente de leurs potentialités, que l’on pourra définir, mettre en place et appliquer la stratégie. Cette stratégie résultera directement de la concertation collaborative de ces groupes. C’est-à-dire :

À échéance Juin / Septembre 2018, nous devrions être en mesure d’appréhender la masse critique de l’événement qui résultera de :

  • La vérification de la compatibilité de l’événement avec les contraintes réglementaires,
  • L’évaluation du taux de réceptivité et d’adhésion du public au concept « course pour la langue »,
  • L’évaluation du niveau de volontariat de publics prêts à s’investir bénévolement et à participer à la logistique de l’événement,
  • La comptabilisation du nombre de délégués potentiels déclarés sur le territoire,
  • La connaissance pratique des charges acceptables par les communes dans l’organisation et le déroulement de la course et leur répartition avec l’association,
  • L’identité des organisations satellites qui se joindraient au programme,
  • L’évaluation du coût du ticket d’entrée pour lancer le projet.

Ces informations permettront de définir :

  • Les tracés envisageables,
  • La durée : sur 3 ou 4 jours pour la 1ère édition (Ascension ou Pentecôte),
  • L’évaluation du nombre de participants à la course et leurs origines,
  • Le montant du droit à payer pour les porteurs du flambeau,
  • La configuration générale de l’événement,
  • Une estimation du niveau des engagements financiers des sponsors ; c’est-à-dire le prix de leur participation à l’événement par rapport aux avantages qu’ils en tireront.

Nous en sommes là aujourd’hui, 9 décembre 2017, dans l’énoncé du Projet et de ce qu’il conviendrait de faire pour mettre en route le Projet.

Que faire maintenant ?

 

Une double action 

  • Réunir une plateforme d’une bonne dizaine de membres fondateurs ; des personnes physiques hyper-motivées, capables de fédérer des compétences autour du Projet, dans les domaines des différentes « politiques » énoncées au chapitre 5).
  • Lancer un mouvement participatif dans le public par des interventions auprès des médias pour recruter les « compétences » requises au chapitre 5).

Toutes les bonnes volontés sont bienvenues ; chacun y trouvera un rôle dans l’organisation et le déroulement de cette grande première en Alsace.

Cela vous tente de faire partie de l’équipe fondatrice ou d’en savoir plus ? Alors, laissez toutes vos coordonnées à l’adresse : contact@coursepourlalangue.alsace

 

Notes

 

1 La Langue régionale d’Alsace, c’est la langue allemande sous sa forme standard et sous ses formes dialectales appelées Elsasserditsch ou alsacien.




« Se sentir bien à l’école, au collège, au lycée »

Agenda • Tables Rondes

APEPA-Tables-Rondes-20052017 web

 




Entre maillage et détricotage !

(Par Claude Froehlicher) – ELTERN Alsace. C’est à bas bruit que se mettent en place depuis quelques mois de nouveaux principes dans le cadre de l’enseignement bilingue en Alsace, qui ne laissent pas de nous inquiéter.

Alors que les décideurs -rectorat, Éducation nationale- assurent travailler d’arrache-pied pour garantir un meilleur « maillage » de l’offre bilingue en Alsace, créer et renforcer des pôles bilingues puissants, le nombre d’ouverture de nouveaux sites bilingues en maternelle est quasiment au point mort cette année et certaines actions font plus penser à un détricotage qu’à un maillage !

Engluée dans son incapacité à attirer, former et motiver des enseignants germanophones en nombre et qualité suffisants pour répondre à l’attente de plus en plus forte et large des familles, l’institution n’hésite pas à envisager des mesures pédagogiquement extrêmement dommageables : ainsi, prévoir l’ouverture des sites bilingues à partir de la moyenne section de maternelle (et non plus de la petite section) foule au pied le principe fondamental de précocité d’exposition à la langue, reconnu comme essentiel par tous les linguistes pour un apprentissage aisé d’une ou plusieurs langues.

Un autre pilier de l’enseignement bilingue est menacé : pour les écoliers, et plus particulièrement les plus petits, il est très important d’avoir un référent adulte pour chaque langue ; un maître ou une maîtresse parlant français, un autre maître ou une autre maîtresse parlant allemand. Or les enseignants souhaitant aujourd’hui se lancer dans l’enseignement bilingue sont autorisés, en tout laxisme, par leur hiérarchie à enseigner le français et l’allemand dans leur classe. Non seulement c’est un non-sens pédagogique, mais en plus on gaspille ainsi les compétences germanophones qu’on a par ailleurs tellement de difficultés à recruter !

Et voici que la Dotation Horaire Globale (DHG) en « heures bilingues » des collèges bilingues vient d’être amputée arbitrairement de 10 à 20 % -selon les établissements-, sans information préalable, sans concertation et surtout, sans raison… La justification avancée aux principaux des collèges laisse pantois : il faut diminuer la DHG des collèges ayant déjà une filière bilingue pour « donner » ces heures aux collèges qui ouvrent une section bilingue ! Oui, vous avez bien compris : enlever 1 ou 2 heures d’enseignement en allemand dans le Sundgau doit permettre de les ajouter par miracle dans le Nord de l’Alsace. Je sais que la mode est aux hologrammes, mais le terme kafkaïen paraît plus adapté… On déshabille Pierre mais Paul reste nu !

Décidément, nous voilà habillés pour la prochaine rentrée, et confortés dans l’idée que nous devons plus que jamais rester vigilants et mobilisés pour ne pas y perdre notre chemise !

Claude Froehlicher, Président d’ELTERN Alsace