« Course pour la Langue régionale d’Alsace »

Présentation du Projet

« Course pour la Langue régionale d’Alsace (1) »

Intervention à l’occasion de la journée du bilinguisme du 9 décembre 2017 à Gerstheim.

Patrick Puppinck

Introduction

D’abord, je voudrais remercier Pierre Klein de m’avoir fait l’honneur de partager avec lui la réflexion dont je vais un peu plus loin vous rendre compte et de m’avoir invité à en débattre avec vous.

Le projet que j’ai à cœur de développer ici avec vous a mûri depuis deux ans. C’est la convergence de circonstances qui affectent l’Alsace et son identité, de même que l’expérience tirée de rencontres et de coopérations avec des acteurs de la promotion de langues régionales en Europe, qui font qu’aujourd’hui je viens partager avec vous un projet qui me semble être mûr pour en parler ; celui d’une première Redadeg Alsacienne.

Je remercie Katelin Al Lann de m’avoir consacré du temps à réfléchir sur le projet.

Comment m’est venue cette idée de projet ? Alors que je travaillais avec Gérard Leser sur le projet Serlet, il nous a semblé qu’il était nécessaire de compléter tous les dispositifs mis en place en Alsace pour la promotion et l’apprentissage de la langue régionale d’Alsace (et dont vous êtes les principaux représentants et acteurs) ; par un événement populaire de masse qui puisse correspondre dans son contenu à l’expression des valeurs incarnées par la jeunesse.

En effet, nous sommes ici des quinquas, des sexas, des septuagénaires et plus ; nous sommes pour la plupart de la dernière génération qui a reçu sa première langue fraternelle en cadeau de naissance.

Comment faire pour que cette langue si belle et que nous aimons parle aux jeunes, sinon qu’en provoquant des circonstances et des situations où ils la reconnaîtraient comme leur marque d’identité commune et où ils la libéreraient entre eux pour la parler.

Une Redadeg Alsacienne contribuerait à répondre à ce challenge, au côté de vos actions propres. Je dirais, sans aucune prétention, qu’elle serait même une clé de voûte des autres initiatives par son côté transversal, populaire, festif, de masse et par l’élan de partage qu’elle suscite.

La perspective, d’ici quelques années, de voir en Alsace se dérouler une Redadeg comme Katelin vient de la décrire, apporterait du sens à ce que nous faisons, à ce que vous faites. Cette perspective touche notre affectif dans ce que l’émotionnel nous porte à agir et à défendre. Elle crée et se nourrit de collectif. C’est-à-dire qu’elle est porteuse d’engagement.

Qui suis-je pour vous parler d’engagement sur un projet qui concerne la langue régionale d’Alsace, alors que je ne suis pas Alsacien, que je n’appartiens pas à votre cercle et que je ne parle pas cette langue ? — Je peux vous en parler car il n’est pas mieux qu’un jeune converti pour vous parler de sa foi. Je suis devenu Alsacien !

Mon parcours professionnel aura été celui de la quête constante de rencontres et de coopération avec d’autres cultures dans le monde (66 pays visités). Émigré en Amérique, directeur de filiale à l’étranger (Canada & Afrique), Directeur Export ; dans le même temps j’ai composé et enseigné pendant 20 ans le module « Stratégie de développement à l’international » du master I.A.I. (ESTA Belfort). Avec ma femme j’ai créé il y a 25 ans SupEuropa ; un organisme dédié à la mobilité des étudiants en Europe et au transfert d’ingénierie de formation entre universités de l’ouest et celles d’ex-pays de l’Est (L.M.D., Praxis, Medas, Gopa). SupEuropa a organisé et animé durant 4 ans les journées Euroscola du Parlement Européen de Strasbourg, nous avons co-écrit six projets européens pour l’apprentissage des langues et enfin je suis à l’origine du projet Serlet pour le développement de l’attractivité culturelle et patrimoniale de 7 régions en Europe, par l’initiation à leur langue régionale ; dont App’n talk Alsatian.

C’est à chaque fois une remise en cause, une idée qui mûrit et une coïncidence de circonstances qui permettent de partager cette idée avec d’autres ; comme aujourd’hui avec vous, de fédérer une équipe, de transformer cette idée en projet et de le mettre en œuvre d’une manière collaborative.

Un projet ne peut s’épanouir que s’il existe un dispositif d’accueil pour le faire grandir. Quel sera ce dispositif pour notre projet ?

 

Ce dispositif d’accueil, ce seront des hommes et des femmes, ainsi que des jeunes qui prêteront un engagement bénévole au Projet sur leur temps de loisirs et qui s’investiront de manière collaborative en tant que : Membres fondateurs, Membres du conseil d’administration, Membres du bureau, Membres de l’Association, Bénévole volontaire, Mécènes de l’Association, Partenaires de l’Association.

Chaque bonne volonté y trouvera sa place.

N’oublions pas ; une chaîne n’a de résistance que celle de son maillon le plus faible. De la même manière nous pouvons dire que l’engagement collectif n’existe que par la puissance des engagements individuels. L’engagement collectif suscité renforce et valorise alors chaque engagement individuel dans un cercle vertueux. Il s’agit pour la réussite du Projet de créer cette chaîne de solidarité la plus solide possible.

Un projet ne peut se construire que s’il résulte de l’application d’une stratégie mettant en œuvre de manière cohérente entre-elles, ce qu’on appelle en économie des « Politiques » ;

 

Chaque politique réunira autour d’elle et par affinité un groupe de compétences fonctionnant de manière collaborative. Ces politiques sont au nombre de sept ;

  • 1) Politique institutionnelle ; en interne, relative aux statuts et aux règles régissant les rapports entre les membres, les adhérents, les partenaires et les mécènes. En externe, prenant en charge les liens avec les autorités institutionnelles proprement dites (préfecture, mairie, pompiers, assurances, etc..).
  • 2) Une politique de communication qui positionnera le projet comme le symbole du partage d’une identité par la transmission intergénérationnelle de la langue régionale. Le symbole fort de communication, ce sera le passage du flambeau dans une course ininterrompue, jour et nuit. Ce symbole laisse à la mémoire collective la singularité de la marque profonde de l’identité, de son partage et de sa transmission sur le territoire.
  • 3) Politique de promotion qui visera le développement et la fidélisation de cibles telles que les fédérations sportives, les écoles, les théâtres alsaciens, les correspondants locaux de la presse régionale et nationale, les radios, mairies, clubs services, clubs vosgiens, etc.., la planification et le séquençage des contenus d’information à diffuser auprès des médias : information proprement dite, mais aussi pour le recrutement, le mécénat. Cette politique inclut aussi la création et l’animation d’un site internet interactif et de réseaux sociaux. Ceci, sans oublier la promotion transfrontalière rhénane et outre-vosgienne.
  • 4) Politique des territoires qui s’exercera en termes de présence et de couverture du territoire ; comment recruter et fédérer des délégués locaux, quel sera le contenu du cahier des charges qui leur sera attaché (campagnes d’adhésion, d’inscription, parcours, étapes, volontaires, ravitaillement, mécénat auprès des PME et TPE locales, etc.).
  • 5) Politique Culture, langue, patrimoine et attractivité tout au long du parcours ; de sorte que le passage de la course s’inscrive tant que faire se peut dans le cadre d’une animation culturelle alsacienne spécifique à chaque commune traversée ou étape.
  • 6) Politique Financière, relative au budget, au mécénat, aux cotisations, à la vente de produits dérivés, aux dépenses, aux règles pour le remboursement de frais, etc.
  • 7) Politique Qualité, visant la planification des actions et le contrôle continu de la Qualité.

Une stratégie, ça s’élabore et ça se met en place sur une perspective à moyen et à long terme, pas sur le court terme, pas dans la précipitation. Dans notre Projet, la perspective n’est pas avant 2019. A priori avec échéance au pont de l’Ascension ou au week-end de la Pentecôte 2019. C’est à dire en mai juin 2019, dans 18 mois.

Préalables au lancement du Projet

 

Ce n’est qu’une fois que chacun de ces sept groupes de compétences aura été constitué et que ces groupes auront réalisé une évaluation pertinente de leurs potentialités, que l’on pourra définir, mettre en place et appliquer la stratégie. Cette stratégie résultera directement de la concertation collaborative de ces groupes. C’est-à-dire :

À échéance Juin / Septembre 2018, nous devrions être en mesure d’appréhender la masse critique de l’événement qui résultera de :

  • La vérification de la compatibilité de l’événement avec les contraintes réglementaires,
  • L’évaluation du taux de réceptivité et d’adhésion du public au concept « course pour la langue »,
  • L’évaluation du niveau de volontariat de publics prêts à s’investir bénévolement et à participer à la logistique de l’événement,
  • La comptabilisation du nombre de délégués potentiels déclarés sur le territoire,
  • La connaissance pratique des charges acceptables par les communes dans l’organisation et le déroulement de la course et leur répartition avec l’association,
  • L’identité des organisations satellites qui se joindraient au programme,
  • L’évaluation du coût du ticket d’entrée pour lancer le projet.

Ces informations permettront de définir :

  • Les tracés envisageables,
  • La durée : sur 3 ou 4 jours pour la 1ère édition (Ascension ou Pentecôte),
  • L’évaluation du nombre de participants à la course et leurs origines,
  • Le montant du droit à payer pour les porteurs du flambeau,
  • La configuration générale de l’événement,
  • Une estimation du niveau des engagements financiers des sponsors ; c’est-à-dire le prix de leur participation à l’événement par rapport aux avantages qu’ils en tireront.

Nous en sommes là aujourd’hui, 9 décembre 2017, dans l’énoncé du Projet et de ce qu’il conviendrait de faire pour mettre en route le Projet.

Que faire maintenant ?

 

Une double action 

  • Réunir une plateforme d’une bonne dizaine de membres fondateurs ; des personnes physiques hyper-motivées, capables de fédérer des compétences autour du Projet, dans les domaines des différentes « politiques » énoncées au chapitre 5).
  • Lancer un mouvement participatif dans le public par des interventions auprès des médias pour recruter les « compétences » requises au chapitre 5).

Toutes les bonnes volontés sont bienvenues ; chacun y trouvera un rôle dans l’organisation et le déroulement de cette grande première en Alsace.

Cela vous tente de faire partie de l’équipe fondatrice ou d’en savoir plus ? Alors, laissez toutes vos coordonnées à l’adresse : contact@coursepourlalangue.alsace

 

Notes

 

1 La Langue régionale d’Alsace, c’est la langue allemande sous sa forme standard et sous ses formes dialectales appelées Elsasserditsch ou alsacien.